La lettre du Vigneron

 

Examen en poche, à peine 18 ans au compteur, au boulot.

A cette époque 8 ha de vignes pour la plupart âgée de 60 ans et plus constituaient le vignoble.

En 1982, le vignoble de Gaillac instaure un schéma de restructuration.

Les variétés peu qualitatives sont peu à peu remplacées par

les Braucol, Duras, Len de L’El, cépages locaux de notre vignoble.

Ceux-ci avaient été abandonnés car trop fragiles ou peu productifs.

Cette période de conversion a duré une quinzaine d’années et a permis aux vins de Gaillac

de reconquérir leurs lettres de Noblesse avec une typicité qui leur est propre.

1982, c’est aussi le début de la vente directe sur les marchés de Saint Antonin Noble Val,

Caussade, Montauban et Villeneuve d’Aveyron.

La situation financière très mauvaise de l’époque avait imposé cette solution,

aidé en cela par des prix du marché de gros très bas.

Les ventes se développant rapidement, la petite récolte de nos vieilles vignes

a été vite consommée.

1982 avait été une bonne année : les 7,5 hectares de vignes avaient produit

50 000 litres de vin de table. Même dans le cas d’une récolte 1983 identique, nous étions

sûrs de manquer de vin pour ces marchés naissants.

Les 0,5 hectares plantés en 1981 ne produisant pas encore, la plantation prévue en 1983

de 0.5 hectares ne pouvant produire que trois ans plus tard, il était évident que seule la location

de vignes pouvait nous sortir de l’ornière.

Nous avons trouvé un commodat (prêt gratuit) de 2 hectares :

Commune de Alos à 3 km de la ferme,

puis des fermages :

1 hectare à Cahuzac sur Vere distant de 15 km

0.75 hectare à Castelnau de Lévis distant de 28 km

1 hectare à Labastide Dénat distant de 40 km

0.12 hectare à Lescure d’Albigeois distant de 39 km.

Ces vignes très éloignées étaient travaillées avec les moyens du bord :

un vieux tracteur à essence Denat, un atomiseur à dos à Lescure…

En 1984, nous avons vraiment appuyé sur l’accélérateur avec 1 hectare planté

aidé par le schéma de restructuration évoqué plus haut.

De même, en 1985 avec 1 hectare 35 are et en 1986 avec 2 hectares 70 ares.

Cette même année, après avoir loué 6 hectares 90 ares sur la commune voisine d’Andillac,

nous abandonnons les autres fermages très éloignés; C’est aussi le début des vendanges

mécaniques. Toutes les nouvelles vignes sont palissées et permettent le passage

des nouveaux engins. Une entreprise se charge de ce travail.

Les années 1985, 1986, 1988 et 1989 ont été exceptionnelles en qualité.

Les prix des marchés de gros étaient élevés, les premières vignes plantées

arrivaient en pleine production.

De nouvelles vignes sont plantées : 1 hectare en 1988 et 2 hectares 80 ares en 1989.

Les finances de l’exploitation se sont améliorées. Avec notre voisin, nous achetons

une machine à vendanger d’occasion qui nous permet de récolter la moitié de nos

surfaces, l’autre partie (les vieilles vignes) se vendangent à la main.

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